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Ouled Mutu (Lycée PMF de Tunis)

Publié par Karim Abdellatif sur 28 Mars 2016, 19:05pm

Catégories : #articles

Ouled Mutu (Lycée PMF de Tunis)

Publié dans le groupe Facebook “Soixantenaire du lycée Pierre Mendès-France de Tunis”.

  Le soixantenaire du lycée français de Tunis « Pierre Mendès-France » a donné naissance sur Facebook à un groupe rassemblant plus de 7.000 nostalgiques de « Mutu ». « Mutu », c’était une mentalité, - une « 3a9liya » comme pour le Club Africain - ! Vous l’avez ou vous ne l’avez pas en vous.

  De mon temps, il y avait beaucoup de binationaux comme moi et je m’y suis tout de suite senti à l’aise, moi qui venais des écoles tunisiennes de Sfax, Denden et du Bardo.

  Dans ce lycée féerique, nous étions à l’abri de la violence du monde. Ce petit bout de Tunisie réunissait ce qu’il y avait de meilleur dans l’esprit français et tunisien. Loin de former des « orphelins de la France » [comme cela a été dit par certains], il nous a ouvert les portes du monde. Nous étions prêts à conquérir la planète. Nous pouvions nous sentir à l’aise partout, à Paris, Londres, New York, Bangkok, etc.

  Paradoxalement, là où il m’a été le plus difficile de m’intégrer c’était à Tunis après un séjour d’un an à Paris. J’ai intégré la Faculté de Médecine de Tunis et je m'y suis senti déphasé. Ça n’a été heureusement que temporaire. Au bout de quelques années, je m’y suis senti comme un poisson dans l’eau.

  Il faut considérer PMF comme une richesse. C’était une école de vie. Un microcosme cosmopolite où nous avons pu recevoir ce que la France a de meilleur, à savoir sa culture. Les accords avec la Tunisie nous ont permis pour ceux qui étaient tunisiens de ne pas être complètement coupés de notre pays. Des professeurs d’arabe affectés par le Ministère tunisien de l’éducation nous ont dispensé des cours d’arabe d’un niveau somme toute satisfaisant. Les plus intéressés se sont même vus offert l’opportunité de pousser encore plus loin leur apprentissage des finesses de la langue arabe à travers l’option OIB.

  Il est un livre que certains d’entre vous ont peut-être lu, à savoir « La statue de sel ». Albert Memmi y racontait une époque qui n’était pas la nôtre, celle du Protectorat français en Tunisie. Il était juif, dans une famille en cours d’assimilation mais aux caractéristiques tunisiennes encore prégnantes. Il parlait d’un univers qui n’existe plus. C’est un peu pareil pour nous. Nous sommes tous un peu nostalgiques de ces années où nous étions à la fois en Tunisie et dans mille autres pays ; nous étions tunisiens, franco-tunisiens, français, tuniso-italiens, tuniso-belges, fils de diplomates, fils de ministres et fils de si peu… Ces années nous ne les vivrons plus nulle part. Il ne faut pas être orphelin d’un souvenir. La vie, ce sont des étapes. Nous les vivons, puis nous passons à autre chose. L’avenir est ce qu'il y a de plus stimulant et de plus intéressant.

  PMF, ça doit rester un souvenir, je l’espère un très bon souvenir. Vivons l’après-mutu avec fierté. Contribuons à enrichir le lieu où nous vivons grâce à ce qui nous a été offert dans ce lycée prestigieux. Et soyons les dignes ambassadeurs de la Tunisie et de la France. Soyons les héritiers de Molière et de Tahar Hadded.

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